Le repos n'est pas une panne
Nous avons souvent appris à considérer le repos comme une interruption.
Un arrêt.
Une perte de temps.
Une parenthèse entre deux périodes utiles.
Pourtant, lorsque nous observons le vivant, le repos n'apparaît jamais comme un accident.
Il fait partie du fonctionnement normal.
Le sommeil n'est pas une panne de l'éveil.
L'hiver n'est pas une panne de la nature.
L'expiration n'est pas une panne de la respiration.
Le repos appartient au cycle.
Pourtant, beaucoup d'entre nous éprouvent une difficulté particulière lorsqu'il s'agit de ralentir.
Nous pouvons accepter la fatigue.
Mais nous avons parfois du mal à accepter ce qu'elle demande.
S'arrêter.
Reporter.
Attendre.
Laisser du temps.
Comme si la valeur de nos journées dépendait uniquement de ce qui est produit.
Comme si l'immobilité ne servait à rien.
Pourtant, une grande partie des processus du vivant se déroulent loin du regard.
Le corps récupère.
Les tissus se réparent.
La mémoire consolide les apprentissages.
L'attention se réorganise.
L'expérience se dépose.
Rien de spectaculaire.
Rien de visible.
Mais beaucoup de transformations.
Le repos n'est donc pas l'absence d'activité.
C'est une activité différente.
Une activité discrète.
Une activité qui prépare la suite.
Lorsque nous ignorons ces phases trop longtemps, le vivant finit parfois par rappeler ses besoins.
Par la fatigue.
Par la saturation.
Par la difficulté à maintenir ce qui semblait facile auparavant.
Ce n'est pas nécessairement un dysfonctionnement.
C'est parfois un rappel.
Une invitation à retrouver l'alternance.
Dans L'échec nécessaire, cette idée apparaît à plusieurs reprises : le repos n'est pas toujours ce que nous croyons, et ralentir n'est pas s'arrêter de vivre. Le vivant possède ses propres rythmes et ses propres temps d'intégration.
La question n'est donc pas :
Comment éviter le repos ?
Mais peut-être :
Comment retrouver une relation plus juste avec lui ?
Ce que cet épisode ouvre
Si le repos fait partie du fonctionnement normal du vivant, alors la fatigue n'est peut-être pas toujours un ennemi.
Dans l'épisode suivant :
Quand la fatigue devient un message